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Qu'est-ce que l'ABA? À défaut de livre en français, je vais y aller de ma petite explication personnelle, fonction de mon expérience actuelle et des différentes lectures effectuées pour ma propre formation, toujours en cours, comme chacun sait... L'A.B.A. est une approche, un programme, une méthode - dite "scientifique" parce qu'élaborée selon la méthodologie scientifique, avec données et vérifications, validations et modifications selon les résultats. L'A.B.A. (pour raison de commodité, et en l'absence de sigle plus génial, j'utiliserai par la suite celui-là. En raison de la désinence féminine fort pratique, je considérerai donc que c'est du féminin = pour approche ou analyse behaviorale appliquée par exemple - reste à trouver un équivalent parlant en français pour le "b" de behavior (comportement). A) LES PERSONNES Il y a au départ un "consultant" (aussi appelé "analyste comportemental") qui se charge de former les parents et les intervenants à la pratique de l'A.B.A., qui établit le programme (également appelé "curriculum" en anglais, ce qui étymologiquement donne bien aussi l'idée de déroulement). Ce programme établit très exactement quels apprentissages et comment ils vont se faire. C'est lui qui procède à l'évaluation et aux réajustements du programme au fur et à mesure que l'enfant progresse. Ensuite, il faut des intervenants : ce peuvent être les parents, par exemple, j'imagine que c'est ce qui se produit en France ou en Suisse et Belgique, à moins que les universités ne commencent à former des intervenants dans ce domaine (?). Ici en Amérique du Nord, il a de plus en plus d'éducateurs spécialises et autres jeunes gens qui se forment à l'A.B.A. mais encore bien trop peu pour satisfaire la demande grandissante... Ce sont les intervenants qui vont effectivement passer les heures nécessaires à l'apprentissage formel de l'enfant (en général en individuel, mais les principes de l'A.B.A. semblent tout à fait pouvoir s'adapter à un petit groupe de formation, ou même à une classe). En anglais, les intervenants sont parfois appelés "thérapeutes" (therapists) ce qui sous-entend un sens médical, ou thérapeutique et des études certifies. Or, il ne semble pas que les "thérapeutes" A.B.A. aient autre chose qu'une excellente formation (il n'y a pas de diplôme spécifique à ma connaissance). En fait, il faut pour faire un bon intervenant A.B.A. surtout, être enthousiaste, avoir de l'imagination, être capable de se plier à des instructions précises, adorer les enfants, avoir de la patience et du calme, et être de confiance. Ce qui semble s'adapter à beaucoup de personnes, qu'elles soient dans le domaine de l'éducation spécialisée ou d'autres, et je vois la beaucoup d'emplois de proximité possibles pour des gens plus qualifies que pour du simple "baby-sitting"... Quant aux personnels scolaires, bien qu'ils ne pratiquent pas en général l'individuel, ils peuvent (idéalement devraient) être associes à la démarche : c'est aussi dans le cadre de leur activité que l'enfant apprend (ou stagne...) C'est à mon humble avis, essentiel de convaincre toutes les personnes qui "travaillent" avec l'enfant que la démarche suivie doit l'être en continu, car un enfant avec autisme à certainement besoin de "consistence", de repères, de message le plus univoque possible. Pour l'instant l'A.B.A. a encore mauvaise presse, je crois vraiment que c'est un problème d'image, de faux-procès, et c'est sans doute ce que j'essaye de faire en "vulgarisant" pour faire passer le message... Dans l'école de mon fils, j'ai cesse d'utiliser le terme A.B.A. et parle toujours de son "home-program" (programme à la maison) pour le distinguer de ce qu'il fait à l'école (ou soit dit en passant il n'apprend rien en termes de compétences, mais beaucoup en termes de "savoir-être" ce qui est déjà beaucoup et très précieux). Il est important d'impliquer le plus de gens qui seront en contact avec l'enfant en leur expliquant ce que l'on fait et comment on le fait, pour qu'il ne reçoive pas de message contradictoire d'une part, mais aussi parce que cela permet de créer des occasions multiples de généraliser les acquis. Ca ne servirait à rien que l'enfant ait appris à dire "au revoir" si partout ailleurs que dans le lieu d'apprentissage on attendait de lui qu'il dise "a ciao !" Entre tout ce petit monde la, il faut bien entendu une solide coordination. Responsabilité des parents avec le consultant. Tout cela demande de bien s'entendre, d'avoir une bonne écoute, d'être franc ouvert et critique, il faut pouvoir se rencontrer et surtout travailler en équipe. B) LA PROGRAMMATION C'est une des caractéristiques de l'A.B.A. il me semble que celle qui consiste à prévoir si précisément toutes les données de l'apprentissage envisage : quasiment tout est prévu : ce que l'on va enseigner exactement, comment cela va être décompose dans le temps, comment cela va être évalue et éventuellement corrige, et comment cela va être applique dans les différents environnements de l'enfant. C'est en fait, grâce à cette méticulosité et précision, grâce à cette discipline et attention aux détails, qu'il y a eu des enfants - comme le raconte Catherine Maurice - qui sont devenus "indiscernables" de leurs pairs en seulement quelques années de travail. La programmation se concentre sur les exercices dits "par essais distincts" (discrete trial ou DT) que l'enfant pratique en individuel avec un thérapeute pour apprendre à parler, à jouer et à se comporter avec les autres. Ces exercices sont entièrement conçus pour chaque enfant. Il y a un corpus commun de programmes que tous les enfants devront faire, mais chaque objet utilise pour enseigner sera parfaitement étudie en fonction de chaque enfant, en fonction de ses goûts, de ses envies, de ses habitudes, de ses centres d'intérêt. La cadence des exercices a son importance. Il ne s'agit pas d'aller à tout prix à toute vitesse dans les différents programmes, ce qui pourrait avoir comme effet des résultats fragiles, ou une acquisition de compétences inutilisables dans la vie de tous les jours... Un bon consultant prévoira la fréquence pour introduire de nouveaux points, le temps qu'ils soient acquis (connaissance), maîtrises, revus (maintien de la compétence), et lorsqu'il est pertinent de ne pas introduire de nouveauté, de façon à permettre la pratique pendant une ou deux semaines des points maîtrises. On dit qu'une compétence doit être "généralisée", c'est à dire qu'elle doit pouvoir s'exercer aussi bien à la maison, qu'à l'école, et que dans divers cadres, avec différentes personnes, que ce soit les thérapeutes, les parents ou les pairs. Le but étant bien entendu que l'enfant puisse acquérir une compétence qu'il utilisera indépendamment de tout soutien dans n'importe quelle situation donnée. C) LA PRATIQUE En général, on ne connaît de l'A.B.A. que la pratique du "discrete trial" (essais distincts) alors qu'il ne s'agit que de l'une des applications de "l'analyse fonctionnelle du comportement", cette composante théorique qui est "appliquée" au problème d'aider un élève handicape à atteindre le maximum de son potentiel. Au départ, c'est dans ces sessions individuelles que l'on voit se passer le plus de choses, mais c'est partout et ailleurs que l'on peut continuer à aider l'enfant à apprendre. Le consultant doit nous apprendre comment renforcer des comportements adaptes : l'idée de base étant de séparer les comportements appartenant à l'autisme de ceux souhaites. Le renforcement consiste à surprendre nos enfants quand ils sont bons et non pas à les reprendre quand ils sont mauvais... La pratique vaut tout autant dans le cadre scolaire, même si l'élève n'y fait pas d'exercices par essais distincts au sens strict. C'est la qu'il convient d'obtenir un assistant forme, qui fait partie du programme à la maison, et c'est une composante essentielle du programme A.B.A. Malheureusement on est loin d'obtenir pour l'instant cela, ce qui ne rend pas les choses simples entre parents et école, et c'est dommage parce que l'assistant rend le travail du maître d'école bien plus facile et que les bénéfices pour tous sont énormes. L'erreur contre laquelle je passe mon temps depuis décembre à me battre, consiste à placer un enfant autiste à l'école sans soutien coordonne avec le programme à domicile sous le couvert d'une "philosophie" prétendant qu'il a besoin d'être parmi les autres pour apprendre à se comporter en société : si l'enfant pouvait apprendre comme ca, il ne serait pas autiste. A) + B) + C) mis ensemble devraient donner quelque chose dans le genre : -
programme à la maison de 10 à 40 heures hebdomadaires, d'exercices par essais distincts, conduits par 2 à 5 intervenants (thérapeutes ou parents) ; -
ateliers avec un consultant toutes les 2 à 12 semaines ; -
des réunions hebdomadaires entre les intervenants pour comparer les notes, discuter des problèmes rencontres, recueillir des informations de la part des parents ou des maîtres d'école ; -
pour la plupart des enfants, un placement à l'école variant de quelques heures jusqu'à plein temps, avec un assistant qui est aussi thérapeute ; -
éventuellement des sessions de jeu avec un autre enfant de même niveau, supervise par le thérapeute et le raton laveur de service, c'est à dire le parent, qui devient directeur de programme, hotesse, coordinateur, comptable, econome et fournisseur de crayons, papier, jouets, renforcateurs, j'en passe et certainement les meilleures. Je me suis largement servie d'un texte de Richard Saffran, à qui je rends encore une fois hommage pour la clarté de ses réponses que l'on peut lire dans le texte original à l'adresse suivante : http://members.tripod.com/~RSaffran/faq.html J'espère que cette petite explication de ce qu'est un programme A.B.A. aura servi de début de réponse à la question posée. Je ne suis pas une théoricienne (c'est pour ca que je préfère traduire ce que les autres ont écrit!) mais pour les passionnés, je crois qu'on peut renvoyer aux sources théoriques des champs de la psychologie, sociologie et de l'éducation qui abreuvent les praticiens de l'A.B.A. : -
les travaux d'Abraham Maslow et le mouvement humaniste -
les théories du développement psycho social d'Erik Erickson -
les théories du développement cognitif de Jean Piaget -
les travaux de Lev Vygotsky sur l'influence de l'environnement social Pour la partie appliqué des sciences du comportement : voir les théories de l'apprentissage - les recherches de John Watson et B.F. Skinner (gentiment appelé par les moteurs de traduction automatique "l'éplucheuse" - j'ai trouve ça trop drôle pour ne pas l'inclure un jour dans mes messages ! c'est fait, je ne le ferai plus, promis). Les principes de ces théories ont été revus par des psychologues (N.Azrin + R. Foxx) pour être appliques aux populations de personnes à besoins spéciaux (handicaps de développement ou cérébraux). Pratiquer l'A.B.A. c'est tout de même aussi pratiquer une certaine philosophie, opérer un certain choix : entre appliquer ce à quoi j'ai été habituée, par culture, éducation ou croyance ou bien faire le choix conscient fonde sur comment l'enfant apprend le mieux et s'épanouit pour devenir un adulte autonome. Si l'autisme de mon fils le conduit à des comportements qu'il subit, il est de mon rôle d'éducateur de l'aider à maîtriser ces comportements et à intégrer d'autres stratégies qui lui permettront de trouver sa place et de faire ses propres choix. Laurence Maman de Joseph 3,6 ans autiste et de Jacob 22 mois
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